Notre-Dame du Sacré-Coeur

322, rue Principale
Grenville J0V 1J0
Tél & Fax: (819) 242-6952
courriel: ndsacrecoeur@bellnet.ca


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L'historique

«Planté près du cours des eaux»

la Communauté de Notre-Dame du Sacré-coeur à Grenville


À son origine, la paroisse «mission de Grenville» était formée des cantons de Grenville-Union, de Chatham et d'Harrington. Avec les années ce territoire verra naître les paroisses de Grenville, Pointe-au-Chêne, Calumet et Kilmar-Harrington.

Dans ce canton qui porte le nom d'un Lord anglais, des colons irlandais et anglais étaient installés depuis 1795. Mais on peut dire que l'établissement de la mission remonte à l'ouverture du Canal de Grenville (1819), Canal qui permettra d’éviter les Rapides du Long-Sault de la rivière des Outaouais, voie de communication et de transport pour la colonie, surtout entre Montréal et Ottawa.

La mission fut d'abord desservie par des prêtres de Montréal. Puis un prêtre de la Petite-Nation, l'abbé Jean-Baptiste Roupe, en sera le desservant jusqu'en 1827, tel un vaillant missionnaire. À la suite de son départ, deux protestants sincères et influents, M. Archie Mac Millan, surnommé le «vieil abbé» et M. Pridham s'occupent activement de la venue d'un prêtre catholique résident qui comme l'écrit le «vieil abbé» à M. Denis-Benjamin Papineau, fils de Joseph Papineau «viendra mettre fin au manque de christianisme!»

Arrive donc M. Hughes Paisly de 1828 à 1831 puis M. Michaël Power qui sera plus tard, évêque de Toronto. En 1832, il y a, selon Joseph Bouchette, (auteur de «A Topographical Dictionnary of the Province of Lower Canada) une population de 1875 âmes, une école, 3 moulins à scie, un médecin, un notaire et …3 tavernes!.

En 1834, le quatrième desservant, M. Jean-Baptiste Bourassa, curé de Montebello, signera le premier registre de la desserte de Grenville lors du Baptême de Joseph Sarrazin, fils de M. et Mme André Sarrazin, le 17 février 1839. Les premières sépultures furent celles de Tharcille, fille de Simon Girard,  et d'Esther David, décédée le 15 avril 1839 et inhumée deux jours plus tard. Et le premier mariage fut célébré le 13 mai 1839 entre Pierre Bernet et Marie Groulx. C'est M. Huberdeau qui sera vraiment le premier prêtre résident à Grenville en 1840.

En 1847, la mission, jusque là rattachée à Montréal, passe au diocèse d'Ottawa sous la gouverne de Mgr Guigues. Ce fut une période pour le moins difficile, en raison d’un  problème de langue, surtout avec le curé Byrne qui baragouine le français, qui était pourtant la langue d’usage d'au moins le tiers des paroissiens. Puis le feu de la chapelle provoque ce qu’on appela le «schisme à Beauchamp». En effet, le choix de l'emplacement de la nouvelle église suscite une «forte polémique» chez certains, et il entraîne plusieurs chefs de familles catholiques à tout simplement abandonner la pratique de leur foi. En novembre 1862, Mgr Guigues procéda tout de même à la bénédiction de la seconde église sous le vocable de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs.

C'est surtout avec le curé Joseph Gascon (1892-1913) que la paroisse devint florissante. Il fut l'homme des constructions. En 1898, achat de la maison de M. MacKay, qui devint alors le presbytère et qui l’est demeuré d'ailleurs jusqu’à tout récemment. Puis construction de la troisième église bénie le 18 décembre 1902. C’est l’église actuelle qui se dresse à Grenville. Il était toujours en poste lors de l'érection canonique de la paroisse de Grenville par Mgr Duhamel, le 12 janvier 1901, ainsi qu'au moment de  l'érection civile de la paroisse sous le nom de paroisse Notre-Dame-des-Sept-Douleurs de Grenville, dans le Comté d'Argenteuil.

En juin 1896 un acre de terrain est donné afin de construire à Pointe-au-Chêne une chapelle-école et d'y installer une cloche.  Cela ne tarda pas à se concrétiser, si bien que la bénédiction a eu lieu le 30 août 1896 par le curé de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs et sous le vocable Notre-Dame-du-Rosaire. L'abbé Baril, vicaire à Grenville, arrive à la Pointe-au-Chêne pour y assurer le ministère. En septembre 1905, l’abbé Paré, alors vicaire à Grenville, arrivait à la Pointe-au-Chêne en qualité de curé résident.. Des prêtres-curés y oeuvrèrent successivement jusqu'à l'arrivée des Prêtres du Sacré-Coeur en 1953. Ces derniers y assurent le ministère depuis. Cette même année, ils fondèrent l'École Apostolique Saint-Jean, un collège classique situé à Pointe-au-Chêne et destiné à promouvoir et à développer les vocations religieuses et sacerdotales.  En 1968 cette école devint le Séminaire du Sacré-Coeur et elle continue toujours à offrir aux filles et aux  garçons de la région l'enseignement de niveau secondaire à titre d'école privée catholique...

En 1897, il y eut une école en opération dans le petit village de Calumet, par suite d’un choix qu’avaient fait les catholiques de l'endroit, peu nombreux et pas très riches. Ils avaient en effet renoncé à bâtir une église, préférant  plutôt continuer à fréquenter l'église de Grenville qui n'était qu'à trois milles. Le 28 septembre 1899 l’abbé J.-Oct.Bérubé, curé de l’Orignal, procédait à la bénédiction de la chapelle de Harrington sous le vocable de Notre-Dame-de-la-Victoire... Puis le 9 mars 1918 on assiste à la première messe célébrée dans l'école paroissiale de la mission de Calumet par le curé de Grenville, l'abbé Ludger Archambeault. Cette messe, recommandée par M. Moïse Dauphinais, était servie par Ms. Omer Legault et Hector Lalande. Marie-Juliette-Cécile-Jeanne Racine fut la première personne à y être baptisée. Au mois d’août 1919, on acquiert la salle de danse, connue sous le nom de «Salle Scott» que l’on aménagea à la suite d’une corvée pour la rendre propice au culte, et le 14 septembre , les fidèles se réunissaient dans ce nouveau local afin d’assister à la première messe dans la chapelle de Calumet. C’est là aussi que le curé bénit le premier mariage de l’endroit entre Edgar Bisson et Phédora Dauphinais. La paroisse de St-Ludger-de-Calumet fut érigée officiellement le 5 avril 1920 par Mgr C. H. Gauthier, et le 23 mai suivant l'abbé Paul Courte, vicaire de Grenville, procède à la bénédiction de la chapelle de la mission qui reçut le nom de St-Ludger. En 1923, la mission de Calumet est séparée de Grenville et devient la paroisse St-Ludger. À partir de cette date, la région, appelée Secteur-Ouest de Lachute, compte deux dessertes,  Pointe-au-Chêne et Kilmar-Harrington, et deux paroisses, Calumet et Grenville.

Pourtant, ce que l’histoire fait puis défait au gré des transformations inévitables de nos sociétés, le temps semble s’amuser à le refaire à sa façon. C’est ainsi que le 20  janvier 2002, ces paroisses et dessertes, nées de l’immense territoire de la paroisse dite ‘Mission de Grenville’ redeviendront officiellement une seule grande paroisse, née d’une fusion qui était devenue nécessaire en raison des nouvelles réalités qui se vivaient dans le milieu au plan de la pratique religieuse. Elle portera un nouveau vocable, soit paroisse Notre-Dame-du-Sacré-Cœur, mais conservera trois lieux de culte, celui de Kilmar-Harrington étant définitivement fermé. Pour bien souligner cette nouvelle étape, Mgr Gilles cazabon, o.m.i., évêque du diocèse de St-Jérôme, présidait une célébration eucharistique riche en symboles.  

Parmi les nombreux curés qui se succédèrent dans cette paroisse, il faut signaler J. B.Hormidas Sauvé, un zouave qui fut blessé en Italie (1913-1921). Sa dépouille repose sous l'église actuelle. Puis l'abbé Honoré Limoges (1921-1927). L'abbé H.J. Brosseau (1928-1943) qui pilota le projet du pont Grenville-Hawkesbury. Le seizième curé, l'abbé Eudore Thériault, devenu plus tard chanoine, fut en charge de 1943-1957. Il avait la réputation d'être un grand ami des enfants, si bien qu’en 2001, des adultes, écoliers à l'époque, parlent encore de ce prêtre avec admiration et reconnaissance. L'abbé Alexandre Maillé (1957-1967), fut le premier curé nommé par l'évêque de Saint Jérôme, Mgr Émilien Frenette. En 1951 la paroisse était en effet passée du diocèse d’Ottawa au diocèse de St-Jérôme, nouvellement érigé.

Et depuis 1967, ce sont des pères de la Congrégation  des Prêtres du Sacré-Coeur qui assurent la relève. Ils ont été, dans l’ordre: le Père Walter van As, venu des Pays Bas en 1951, curé de 1967 à 1981; le Père Roger Phaneuf, curé de 1981 à 1986; le Père Simon Ambeault, prêtre d'assemblée de 1986 à 1989; le Père Richard Woodbury, prêtre d'assemblée de 1990 à 2001; le Père Roger Phaneuf, administrateur paroissial, assisté du P. Woodbury, de  2001 à 2005, puis le Père Richard Woodbury  comme administrateur paroissial depuis 2005.

Il  ne faut surtout pas oublier le travail important réalisé durant ces mêmes années par deux religieuses qui se sont succédées comme responsables de paroisse à Grenville, soit Sœur Jeannine Séguin, cssj, de 1986 à 1992, puis Sœur Louise Dumontier, ssc, de 1992 à 2001.

 «Faudra-t-il vendre nos églises?» Voilà ce qui apparaissait sur des panneaux posés devant chacune des trois églises en 2005. À la suite de discussions et de réflexions initiées non seulement entre les marguilliers du temps mais également avec les paroissiennes et les paroissiens intéressés par ces questions, les marguilliers en sont finalement venus à proposer, par un vote unanime pris le 20 avril 2006, le regroupement de tous les fidèles à l'église Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, ce qui laissait entrevoir la fermeture et la vente des églises de Pointe-au-Chêne et de Calumet. De plus, pour des questions pratiques mais aussi des raisons d'ordre financier, les marguilliers proposaient de mettre en vente également les presbytères de Calumet et de Grenville, ce qui fut fait par suite de l'accord donné à ce plan de restructuration en juin par Mgr Gilles Cazabon, évêque de St-Jérôme. Cette décision est tombée en mai 2006... Puis des bureaux ont été construits dans l'ancienne sacristie à Grenville, et une nouvelle sacristie fut érigée dans la partie nord du vaste sanctuaire de l'église de Grenville. Et comme c'est souvent le cas malheureusement lorsque des décisions aussi difficiles mais inévitables se prennent, un certain nombre de paroissiens ont choisi de se désister et d'aller ailleurs ou encore d'abandonner tout simplement la pratique religieuse.

L'histoire religieuse de Grenville, village et canton, a saveur d'oecuménisme. Un reportage du journal Le Droit, à l'occasion du centenaire de Grenville en 1976, nous apprend que «des premiers rapports d'activités religieuses concernent l'église anglicane. Le premier édifice religieux aurait été une église presbytérienne. Aujourd'hui, le village compte l'église catholique, l'église anglicane et l'église unie. Il y a également quelques autres églises protestantes sur le territoire de la paroisse. Comme le soulignait un catholique irlandais de langue anglaise, «L'harmonie existe entre pratiquants des différentes religions. Cela n'a peut-être pas toujours été le cas, mais depuis longtemps, catholiques et protestants, anglais et français, on se respecte mutuellement et on trouve le moyen de s'accorder.» Et cela se vérifie et se confirme jusqu'à ce jour lors d'activités organisées par l'une ou l'autre église: les paroissiens et les organismes se côtoient, échangent des services, apportent de l'aide aux démunis, fussent-ils anglicans, protestants ou catholiques. Beaucoup participent également à des célébrations oecuméniques.

Des Congrégations religieuses féminines ont oeuvré sur le territoire de l'actuelle paroisse. Ainsi à Grenville,  les Filles de la Sagesse y furent présentes de 1901 à 1966. Les Soeurs du Sacré-Coeur de Jésus y ont travaillé de 1986 à 1994, et de 1992 à 2001, des Soeurs de Sainte-Croix sont venues prendre le relai. Les Soeurs du Sacré-Coeur ont également travaillé durant de nombreuses années dans ce qui était alors la paroisse St-Ludger de Calumet, y étant arrivées sous le curé Albert Routhier, entre 1939 et 1948. Les paroissiens de Calumet durent aussi se résigner à les voir quitter définitivement, ce qui laissait un grand vide...

Un autre mouvement de regroupement des forces et des effectifs, conséquence de la régionalisation scolaire, a fait qu'on a graduellement rassemblé dans les écoles Dansereau et St-Martin à Grenville les écoliers de Calumet, Pointe-au-Chêne et Kilmar-Harrington. Lentement mais sûrement la paroisse a dû apprendre à tenir compte de cette nouvelle réalité dans l'élaboration de sa pastorale d'ensemble, surtout en ce qui a trait aux sacrements de l'initiation chrétienne. Et depuis, nos écoles autrefois catholiques sont devenues non-confessionnelles, avec toutes ses conséquences...

En 1998 s'élabora un projet de Conseil pastoral régional. Des représentants de ces milieux se sont donc regroupés sous le nom d'Équipe pastorale du Secteur-Ouest de Lachute afin de planifier les activités des grandes célébrations, des soirées de ressourcement, des pèlerinages et des activités pastorales sociales. Une belle collaboration s'est alors établie entre les responsables de la pastorale.

Les paroissiennes et les paroissiens de Grenville-sur-la-Rouge et de Grenville ont entendu et pris au sérieux l'invitation de Mgr Gilles Cazabon du «faire Église autrement»: aussi veulent-ils faire tous les efforts pour répondre de façon positive et engagée à l'urgence signifiée par notre évêque de «penser secteur et de vivre secteur, en communion de communautés». Pour ce faire, il faut apprendre à démontrer de l'ouverture aux changements, de l'accueil à la nouveauté et une véritable disposition à travailler ensemble et à bâtir du neuf. Voilà le beau défi qui s'offre à nous aujourd'hui.
                                                                                                                         
Nous avons deux choix: nous asseoir, pendre nos harpes et pleurer sur «ce bon vieux temps» qui est maintenant révolu, ou nous lever, nous rassembler et construire ensemble cette Église nouvelle vers laquelle l'Esprit veut nous conduire, cette Église qui n'est pas d’abord celle faite de pierres des champs, mais celle dont chacune et chacun de nous est appelé à devenir 'pierre vivante d'un édifice spirituel' dont le Christ est et devra toujours demeurer la pierre angulaire.

L'appel est lancé! À nous de répondre... Grâce à leur courage, nos ancêtres ont écrit l'histoire de notre Région. Inspirés et guidés par une foi profonde qui les habitait, ils ont bâti l'Église en leur temps...  Un semblable défi nous appelle toutes et tous. Et seuls seront partie prenante de notre nouvelle histoire ceux et celles qui choisiront de répondre: «Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté... » Paroissiennes, paroissiens de la nouvelle et grande paroisse de Notre-Dame-du-Sacré-Coeur, offrons nos coeurs, tendons nos mains, faisons des pas et choisissons de continuer à écrire ensemble la belle histoire religieuse de Kilmar-Harrington, de Pointe-au-Chêne, de Calumet et de Grenville. Et que le Seigneur soit notre Pasteur et notre Berger! Car l’histoire dont nous sommes fiers aujourd’hui  «grâce à des ancêtres fort déterminés» sera bientôt celle que liront nos enfants et petits-enfants, celle que nous aurons choisi d’écrire au nom de notre foi et en raison de notre espérance. Laissons donc Dieu écrire tout droit avec nos lignes souvent tellement toutes croches!